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Voyons nos vies comme des œuvres d'art !

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 15:57

 




 

Art et Littérature bannière

 





Titre :                                      Les Misérables

Auteur :                                  Victor HUGO

Éditeur :                                 France Loisirs

Année de création :                1862

Année de cette parution :       1981

ISBN tome 1 :                        272421126X 

ISBN tome 2 :                        2724211278 

 

 


 


L’intrigue :


 

Il résidait à Digne, en 1815, Charles-François-Bienvenu Myriel, un évêque dans toute la dimension magnanime normalement inhérente à ce titre. Arriva le jour où l’existence fit se croiser les chemins de monseigneur Myriel et d’un individu patibulaire, aux allures sombres, répondant au nom de Jean Valjean. Monsieur Myriel offrit sans plus de manière, le gîte et le couvert à cet homme rejeté de tous, car ayant été forçat. La qualité de forçat ainsi que celle d’ancien forçat, ayant même depuis longtemps expié toutes fautes, fut alors impossible d’intolérance. Même l’ancien forçat se voyait être à jamais banni de tout espoir social. Tout au plus était-il toléré comme l’on peut tolérer certaines créatures que l’on sait vivre et qu’on laisse vivre, éventuellement, à l’unique condition que celles-ci se tiennent terrées et ne se fassent pas voir, ne se fassent jamais sentir. C’est donc à cet homme dans la détresse, à qui l’altruiste évêque ouvrit sa porte, au grand dam de ses assistantes. Jean Valjean dont l’âme combattait à lui en déchirer sa raison, entre un fond pur et de bien mauvaises habitudes l’ayant imprégnées en surface, comme de néfastes reflex acquis par l’excès de douleurs endurées, vint à dérober l’argenterie du saint homme d’église. Jean Valjean fut rapidement appréhendé puis présenté devant monseigneur Myriel afin que celui-ci récupérât ses biens et portât plainte contre ce malfaiteur. Il n’en fut rien. Monseigneur Myriel singea de reconnaître lui avoir offert cette argenterie. Pour donner davantage de crédibilité à cette scène jouée devant les forces de l’ordre, le saint homme fit mine d’indiquer au misérable éperdu, qu’il oublia lors de son départ, les deux chandeliers en argent qu’il lui avait offert également. Ceci dit, il les lui donna. Cette action étincelante de bonté, aura une si forte empreinte sur notre ancien forçat, que toute son existence s’en verra éclairée d’une lumière le guidant aux travers des brouillards si épais parfois de l’existence, épais à ce point qu’ils en sont ténèbres ; ce phare nommé Myriel, à jamais guidera son âme en pénitence et en quête de l’absolu comme du repentir.

 

 

 


 

 

les-miserables

 

 


 


Mon avis :


 

L’individu bien évidemment, peut vernir au monde avec tant de dissemblances, de disparités l’éloignant de ses semblables, lesquels peuvent être isolés de lui pour les mêmes raisons, se voit entrer dans l’existence avec déjà quelque iniquité. Qui naît comme le dit l’image populaire, avec une cuillère en argent dans la bouche, qui naît dans la misère, qui naît avec l’esprit net et clair et qui naît avec l’esprit embrumé et tortueux. Ainsi vont les dés de la destinée. Mais cette injustice est de l’ordre du divin car étant naturelle et indépendante de toute action humaine. Ce n’est pas cette iniquité là que dénonce Victor Hugo dans ce roman fleuve de 1514 pages d’un texte dense et riche. Il dénonce l’injustice induite de l’action humaine, de sa volonté méprisable à vouer à la géhenne des êtres à qui il ne faudrait qu’un léger coup de pouce, qu’une infime considération pour leur permettre de s’élever. Il s’agit de ce démon là, que l’auteur crucifie avec justesse sur ces pages noircies d’encre et de misère, sur ces pages lumineuses de pertinence, de bonté et de bon sens. Que l’homme puisse à ce point entraver l’homme, voici ce que cloue au pilori Victor Hugo dans ce récit devant être lu par l’ensemble de l’humanité.

Ce texte d’une puissance émotionnelle hors du commun, d’une remarquable intelligence d’écriture et de conception, au plan millimétré, se présentant comme un grand puzzle dont les pièces prennent place à mesure de la progression dans l’histoire, ce fait également une photographie précise et des plus intéressantes de la France et surtout de Paris au 19ème siècle.

Dans ce contexte de lumière, où la société humaine commence à vraiment se doter de sciences, de savoirs et de connaissances lui permettant de vivre mieux, de s’élever spirituellement, les éternels diables demeurent, vouant encore et toujours l’homme à la déchéance morale.

Jean Valjean est l’antithèse de ce constat amer mais réaliste. Il est l’incarnation de l’être dont la destiné est de souffrir dans l’obscurité façonnée de la main de l’Homme, tout en prodiguant chaleurs, lumières et bontés, façonnées des battements alaires de séraphins bienveillants.

Nous rencontrons dans ce récit qui nous étreint comme jamais, qui ne nous lâche point, même après lecture, qui ne doit en aucun cas nous lâcher tant son message est d’importance, si tant est qu’il soit seulement compris ; nous rencontrons donc dans ce récit moult personnages forts et emblématiques, les uns étant sombres et ne désirant pas être autrement, comme Thénardier père, individu cupide et abjecte, ne se plaisant que dans la fange, à ce point qu’il en élira domicile dans les égouts parisiens et finira négrier aux États-Unis d’Amérique.

D’autres étant sombres de destinée mais point forcément d’esprit, comme les filles Thénardier, surtout Éponine, tel leur jeune frère, le si touchant et attendrissant Gavroche, tels Courfeyrac, Bossuet, Enjolras et Combeferre, qui s’offrirent pour leurs convictions dans le tumulte sanguinaire des barricades ; telle la douce Fantine à qui le destin ne laissa guère de répit, qui enfantera de l’adorable Euphrasie, dit Cosette. Tous autant qu’ils furent, n’étaient cependant pas conçus pour la fange mais durent se résoudre à s’y démener.

D’autres encore, se virent sombres, évoluant dans l’ombre d’idées préconçues, étant obscurcis par les œillères inhérentes à leur focalisation sur leur devoir, ou plus précisément par l’idée par trop excessive qu’ils s’en faisaient de ce devoir. Ceux-là n’étaient pas des êtres abjects dans leur tréfonds. Ils furent seulement des êtres dévoyés, pris dans l’engrenage d’un système qui les formatait et dont ils n’eurent pas le reflex vital de s’en éloigner quelques instants, afin de prendre le recul indispensable leur permettant d’entrapercevoir éventuellement, d’autres chemins à suivre, lesquels chemins lorsqu’ils s’imposent à ce type de personnes, sont alors fulguration si violente que les individus en question plutôt que de se nourrir de cette lumière nouvelle, n’en ressentirent que vif vertige et éblouissement, préférant se vouer à l’abîme plutôt que de s’acclimater à cet éclairage de l’âme. Tel fut Javert.

D’autres enfin, furent destinés à s’élever car ayant également connus la misère mais étant clairvoyants et fins, et ayant surtout en leur destinée, un ange bien aimant, veillant sur eux, leur insufflant bonheur et vie, quitte à ce que cette vie soit extirpée de son propre corps, à l’image de Marius Pontmercy et de Cosette, dont l’amène séraphin protecteur fut Jean Valjean.

 

Quel texte ! Quels personnages ! Quelle puissance en celui de Jean Valjean ! Cet homme incroyable, paroxysme de la douleur alliée à l’amour, qu’il fut nommé monsieur Fontaine ou monsieur Fauchelevent, laissera au lecteur sensible, une empreinte indélébile !

Quelle leçon !

Leçon de littérature, car voici une histoire dont les ressorts, les actions, les mises en scène, les rebondissements, les caractères et les sentiments, furent menés et décrits avec tant de finesse, de force, de justesse, d’intelligence, de précisions didactiques et de poésie jusque dans la description la plus sombre, font que cette œuvre est magistrale !

Leçon de vie, car voici un ouvrage dont le personnage central est un concentré de bonté et d’abnégation ; leçon de vie également car cet ouvrage n’ayant pour unique objet que de susciter via l’émotion vive, la réflexion idoine à qui peut, à qui veut changer les choses, font que ce livre devrait être considéré par tous, comme un bréviaire !

Formidable de puissance ! Formidable de cette beauté venant sourdre en effusions dignes du plus grandiose geyser, au travers de la noirceur sépulcrale du tableau ainsi dépeint !

Si ce n’est déjà fait, lisez-le ! Même si vous avez vu les versions cinématographiques, si belles et puissantes puissent-elles être, aussi bien interprétées puissent-elles avoir été, je pense à Jean Gabin et surtout en particulier, à Lino Ventura qui fut grandissime dans le rôle de Jean Valjean ; et bien malgré cela, le livre est infiniment plus riche, plus puissant, plus poignant et plus prégnant.

Si cela est déjà fait mais que quelques zones d’ombre se sont insinuées dans votre souvenir terni par le temps, relisez-le !

Ne serait-ce que pour le plaisir, celui de lire de la littérature avec un L majuscule, lisez-le encore ! Parlez-en ! Faites-en la promotion comme d’un jeune ouvrage venant de paraître et à faire connaître ! Cela ne fâchera pas Victor Hugo, soyons-en certain ! Cela ne pourra qu’éclairer quelque peu et c’est bon à prendre, les lecteurs et leur entourage.

 

 

 

 

« Les Misérables sont un vrai poème. »

 

Arthur Rimbaud

 

« Victor Hugo est un inspiré, on peut même dire qu’il fut l’Inspiré par excellence… »

 

Paul Claudel

 

« Une seule misère suffit à condamner une société. Il suffit qu’un homme soit tenu, ou sciemment laissé dans la misère pour que le pacte civique tout entier soit nul. Aussi longtemps qu’il y a un homme dehors, la porte qui lui est fermée au nez ferme une cité d’injustice et de haine. »

 

Charles Péguy.

 

 

« Tant qu’il existera, par le fait des lois et des mœurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers, et compliquant d’une fatalité humaine la destinée qui est divine ; tant que les trois problèmes du siècle, la dégradation de l’homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l’atrophie de l’enfant par la nuit, ne seront pas résolus ; tant que, dans de certaines régions, l’asphyxie sociale sera possible ; en d’autres termes, et à un point de vue plus étendu encore, tant qu’il y aura sur la Terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles. »

 

Victor Hugo. Hauteville-House, 1er janvier 1862

 




 

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commentaires

C

Bonjour


j'etais venue en 2008 chez vous, juSte avant mon déménagement. J'avoue que vous avez plusieurs cordes à votre arc et aborder des oeuvres littéraires assez éloignées de notre époque touche une de
mes cordes sensibles; chapeau
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F


Merci à vous pour votre visite et ce commentaire.


Bien cordialement.



M


Un pur chef-d'oeuvre! Je l'ai lu plusieurs fois et vu avec un grand plaisir les adaptations ciné... C'est une oeuvre qui a littéralement enchanté mon enfance...



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F


Oui ! Un monument de notre patrimoine.


Bien à vous !