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Voyons nos vies comme des œuvres d'art !

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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 21:50

 




 

Art et Littérature bannière

 




 

 

 

 

Automne 1998. Il fait un froid de canard. Nina Companéez installe son monde, distille ses ordres et consignes. L’action se déroule durant l’été, mais elle est tournée en novembre…

Les figurants, dont nous sommes, ma femme et moi, ainsi que les acteurs, sont transis dans leurs vêtements estivaux. Nous sommes tous sur le parvis de la cathédrale de Chartres. Nous devons sourire alors que nos mâchoires sont crispées par les basses températures. Il est un acteur pour qui le fait de parler pose problème, tant il est frigorifié. Il demande à stopper quelques instants la prise de vue, afin de pouvoir rapidement effectuer des exercices de diction. Là, sur le parvis de la cathédrale, le voici qui psalmodie des onomatopées à dessein de se dégourdir les maxillaires. Il est de nouveau prêt ; l’action reprend et très vite, Nina Companéez lance un salvateur "Coupez". Cette prise est la bonne.

L’acteur, avant d’aller se réchauffer un peu, voit parmi les figurants, là, juste à coté de moi, un enfant qui grelotte. Il enlève de suite sa veste et la lui dépose sur le dos tout en le frictionnant vigoureusement. L’enfant se réchauffe et sourit. Nous sommes sur le tournage de la saga "La poursuite du vent" et l’acteur qui lui frotte le dos n’est autre que Bernard Giraudeau…

L’acteur ne se sauve pas, entre deux prises. Il reste là, avec nous, les figurants. Il nous parle volontiers. Je me souviens avoir échangé avec lui, sur le ton de la plaisanterie. Il est bien. Il aime son métier ainsi que les gens que ce dernier lui fait côtoyer. Néanmoins, il n’aime pas la ville de Chartres, elle ne lui a jamais été favorable, nous avoue-t-il, lors de l’arrêt dû à son besoin de se chauffer la diction. Mais n’importe ! Il est bien à l’exercice de son métier, et c’est beau et bon à voir, à vivre.

La journée se déroule ainsi, de prise en prise, tantôt hors cathédrale, tantôt dedans.

Il est amène, agréable et souriant. Alors que sa dernière scène du jour est tournée, plutôt que de s’en retirer sans crier gare, il revient afin de nous saluer, nous, les anonymes. Il salue également ses collègues acteurs et les techniciens.


Voilà l’impression que me laissa cet homme. Celle d’un homme de grand talent, ne se sentant pour autant, point supérieur. Que beaucoup de parvenus du show-biz et de la people-mania méditent ceci ! Le génie de ces grands talents, réside certainement dans le fait qu’ils sont aussi beaux en la vie qu’ils le sont sur scène, et cela ma foi, reste, il faut bien le reconnaître, assez rare. 

Bernard Giraudeau était de cette trempe là. Acteur de renommée, son cœur ne s’en était pas pour autant asséché.

Cette journée fut un très agréable souvenir et nul doute que c’est à cet homme de cœur que nous le devons si agréable, ce souvenir.

Je suis fier d’avoir rencontré ce Monsieur, d’avoir échangé avec lui. La rencontre fut brève mais elle me suffit à le trouver solaire, voire éblouissant ; car toute sa beauté physique n’avait en rien gâté ni entamé sa beauté d’âme.

Je remercie l’existence, pour ce si remarquable cadeau.


Une étoile de plus, brille dans le firmament de ceux qui nous manquent atrocement…





© Frédéric THOMAS

Juillet 2010


 


 

 

B. Giraudeau

 


 


Carnet de vie.

 

 


 

  

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commentaires

S


Joli hommage pour un grand Monsieur.


Sa disparition m'a touchée...


 


Amitiés!


 


Sandrine



Répondre
F


Oui, cet artiste brillait d'une réelle beauté intérieure.


Amitiés.



D


Quelle belle rencontre p'tit frère! Ces personnages célèbres sont souvent lointains pour se faire une idée certaine de ce qu'ils sont, mais celui-ci dégageait beuaocup d'humanité et ne jouait pas
à "l'acteur célèbre". Une bise!



Répondre
F


C'est tout à fait mon ressenti.


 


Une bise ! Comment ça, une bise?


Non, non, non ! J'en veux plusieurs !!!