La Littérature. (Poésies, haïkus, nouvelles, essais et romans.) Graphisme et musique. Culture.
Titre : Toute la nuit devant nous
Auteur : Marcus Malte
Genre : Recueil de trois nouvelles
Editeur : Zulma
Année : 2008
ISBN :
9782843044595
Le fils de l’étoile.
L'intrigue :
Un enfant de dix ans se rend en colonie de vacances dans un château de campagne. Il n’aime pas les colonies de vacances. Il y rencontre cependant un étrange alter ego en la personne de François, qui comme lui, supporte difficilement l’environnement des colonies : les petits caïds provocateurs, les moniteurs acrimonieux.
Un soir, les enfants de la chambre de notre protagoniste se moquent tous de lui, excepté François, à ce point que le jeune garçon en pleure toutes les larmes de son corps. C’est alors que François lui promet que le reste de la chambrée ne le raillerait jamais plus…
Mon avis :
Il règne en cette nouvelle, une atmosphère empreinte de schizophrénie latente qui n’est pas sans faire penser au roman Garden of love, du même auteur.
François ne serait-il pas l’avers de la personnalité du jeune garçon ? Ne serait-il pas la puissance noire, venant obvier aux faiblesses du blanc revers de la psyché de notre béjaune héros ?
Des noms de fleurs.
L'intrigue :
Ils sont adolescents, ils sont amoureux de leur planète. Ils la veulent saine, non corrompue de souillures, ils veulent la protéger. Ils ne peuvent pas vivre sur une Terre irradiée.
Ils se donnent des pseudonymes fleuris afin de fourbir leur coup d’éclat, leur coup de grâce, en un écarlate bouquet final.
Mon avis :
Marcus Malte évoque la pollution de certaines âmes humaines ; de celles qui sont dépourvues de repères sains et solides ; de celles qui ne peuvent prendre le recul nécessaire à l’analyse de leur environnement immédiat. En découle l’ineptie dramatique de leurs actes. Ses âmes délabrées n’ont d’autre recours, pour se croire sauvées, que de s’abîmer à jamais.
Le père de Francis.
L'intrigue :
Dans une cité phocéenne, un homme s’est battu durant cinq années afin que la municipalité accepte de construire un stade, pour occuper plus sainement les minots. Les enfants n’ont dès lors, plus besoin de jeter des pierres sur les trains.
Cet homme est le père de Francis. Il a de suite créé un club de football pour les minots de la cité…
Mon avis :
Marcus Malte nous plonge dans l’univers d’une cité marseillaise. Il prête sa plume à la voix d’un petit garçon d’une dizaine d’année qui, à l’instar de nombreux autres, vit le football comme une sub-religion. Nous découvrons via ce minot, un monde où il n’est pas évident d’entrevoir le soleil qui a trop tendance à se musser derrière d’âpres nuées de violence, de délétères et faciles business. Le football représente alors, non seulement une échappatoire, mais surtout un rêve, une place possible au soleil.
Certaines personnalités cristallisent ce rêve, à l’instar de Zizou ; d’autres aident à le réaliser, comme le père de Francis. Ce dernier devient un pilier, un phare pour les minots.
Le plus dur pour eux en leur apprentissage, est de ne pas se retrouver perdus dans l’obscurité la plus totale, lorsque ledit phare s’éteint.
Marcus Malte écrit cette nouvelle à la première personne du singulier, en utilisant un vocabulaire parlé, se voulant comporter les déficiences rhétoriques d’un jeune sans grande instruction. Une fois de plus, la sincérité de la démarche d’alliance de la forme au service du fond de l’auteur, rend l’ensemble crédible et prégnant.
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