La Littérature. (Poésies, haïkus, nouvelles, essais et romans.) Graphisme et musique. Culture.
Titre : Le cri de la mouette.
Auteur : Emmanuelle Laborit.
Genre : Autobiographie.
Editeur : Robert Laffont.
Année : 1994
ISBN : 2724284542
L'intrigue :
La petite Emmanuelle, alors fraîchement venue au monde, ne pouvait percevoir les petits cris qu’elle émettait devant sa famille qui ignorait encore qu’elle n’entendait pas. Ses petits cris étaient semblables à ceux d’une mouette. La mouette ne grandit pas sans avoir à affronter des vents glacials d’incompréhension. La petite mouette n’eut de cesse que de prendre conscience de ses ailes qui se déployaient petit à petit, et d’écueils combattus en batailles à bien menées, elle s’en vola par delà les désillusions, pour des sommets de ris.
Mon avis :
Emmanuelle Laborit nous ouvre les portes de son univers, celui d’une sourde profonde. Elle nous éclaire sur l’importance de son combat ; celui de faire comprendre aux « spécialistes » que de chercher à oraliser à outrance un sourd, se veut davantage destructeur que l’inverse. On ne peut alors obtenir qu’un petit singe imitant l’entendant, se perdant lui-même.
Tout devient à la lecture de ses mots, lumineux. Les sourds ont leur culture. La langue des signes est une nécessité pour eux, afin qu’ils puissent structurer leurs pensées, leur réflexion. Le sourd qui fut entendant peut chercher à s’oraliser car il sait les sons, il connaît la consonance de tel ou tel mot. Mais le sourd de naissance… Comment peut-il oraliser un mot dont il effleure seulement le sens, dont il ignore parfaitement le son ? Le sourd parvient à saisir l’interprétation des mots par le truchement de la langue des signes. Elle est d’une importance capitale. Elle est plus qu’un moyen de communication, elle est la base d’une culture. Il serait bon qu’elle soit connue de tous. L’entendant parle d’intégration du sourd ; seulement le sourd s’intègre ! Il est d’ailleurs très souvent le seul à s’efforcer de communiquer avec la communauté entendante ! Cette dernière ne fait strictement rien ou si peu. L’intégration ne serait-elle pas là ? Que chacun fasse la moitié du chemin ?
Nous prenons conscience en lisant Emmanuelle, à quel point chercher via un appareillage électronique, à mener les sons à un sourd, n’est pas forcément positif, sans compter les effets secondaires possibles. Cela revient à le plonger en un monde abrutissant qui n’est pas le sien, qui ravage violemment ses repères et le noie littéralement. De plus les sons ainsi perçus demeurent dénués de sens ! Le sourd n’est pas un handicapé. Son cerveau s’est adapté et il entend à sa façon. Seul la réticence du monde entendant à son égard en fait un infirme.
Il est important de saisir le message délivré par Emmanuelle.
Emmanuelle Laborit, à l’instar de Noémie Churlet, est devenue pour la communauté sourde, une femme phare. Qu’elle devienne pour les entendants, un exemple !
Art et Littérature