La Littérature. (Poésies, haïkus, nouvelles, essais et romans.) Graphisme et musique. Culture.
Titre : Le Colonel Chabert
Auteur : Honoré de Balzac
Éditeur : Le Livre de Poche
Collection : Classiques de Poche
Œuvre globale dont est « Le Colonel Chabert » est inhérent : La Comédie humaine
Année de parution : 1832
Année de cette édition : 1999
Genre : Roman
ISBN : 2253098043
L’intrigue :
Dans une étude d’avoués, alors que clercs et saute-ruisseaux s’adonnent à la plaisanterie facile, un homme fantomatique, aux allures de sénescence, affublé d’un vieux carrick, demande audience.
C’est homme, un grognard de Napoléon 1er, comme tout droit sorti d’outre-tombe, désire à être reconnu comme étant lui-même ; le Colonel Chabert, mort à Eylau…
Mon avis :
Sur la partition de La Comédie Humaine, celle que nous vivons tous, que nous subissons, mais à laquelle nous participons en bien ou en mal, en y ajoutant nos notes, plus ou moins dissonantes, donnant naissance tantôt à quelques mouvements euphoniques, et bien souvent hélas, à des compositions cacophoniques ; sur cette partition donc, revient une rengaine aux accents acétiques, composée des notes cinglantes du mépris, de l’égocentrisme et du mercantilisme.
Honoré de Balzac dénonce avec, mais est-il nécessaire de le préciser, une puissance évocatrice géniale, cet air grinçant,
comme l’est un violon désaccordé dans les mains d’un novice, sur lequel beaucoup d’âmes basses et
viles aiment à se repaitre, tel le goret dedans sa fange putride. Madame la
Comtesse Chabert est un des nombreux spécimens atteints par ce virus des plus contagieux et tenaces. C’est ainsi que celle-ci, tirée de sa miséreuse condition par le Colonel, se vit hissée au
rang de Comtesse, vivant au crochet de cet homme affable, puisant sans vergogne ni ambages et avec quelle délectation, en sa fortune. Que cet homme vînt à être sur la touche, et la voici qui le
reniait. Elle reniait sa personne, mais en aucun cas son pécule.
"Le Colonel Chabert" est le doigt mis sur cette pustule, celle qui consiste à voir en l’autre un portefeuille plutôt que l’alliance d’un cœur et d’une âme, à voir en autrui un intérêt plutôt qu’un être.
La chose est entendue sinon ouvertement reconnue. La chose ne s’arrange pas, loin de là, mais la dénoncer reste utile. Si ne serait-ce seulement qu’un lecteur sur mille, décide après sa rencontre d’avec Chabert, de se regarder en face, de s’y reconnaître s’il se trouve atteint par ce bubon, de décider d’y remédier, de se corriger, alors l’écriture de ce roman n’aura pas été vaine, Balzac n’aura pas usé son calame en pure perte.
À lire, à comprendre et à méditer. Mieux ! Que ce livre soit notre bréviaire à tous !
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