La Littérature. (Poésies, haïkus, nouvelles, essais et romans.) Graphisme et musique. Culture.
Titre : À la folie
Auteur : Pascal MARMET
Éditeur : France-Empire Monde
Genre : Thriller romantique
Année : 2012
ISBN : 9782704811199
L’intrigue :
Pascal Langle demeure dans une immense tristesse qui l’enveloppe tel un vieil oripeau laissant s’insinuer toute froidure, depuis la tragique disparition de sa compagne Ludmilla.
Il se rattache à l’existence en gérant un théâtre parisien. Il lui faut s’occuper l’esprit et ainsi moins se focaliser sur les maux provoqués par son bonheur passé, inachevé, qui lui éclata en plein visage avec la violence de l’injustice, lui laissant à l’âme de multiples blessures, tels des éclats de shrapnels profondément encrés dans sa chair.
Cependant et contre toute attente, vient l’extirper de sa torpeur mélancolique, l’appel de Maître Saltz, notaire de son état. Celui-ci doit lui remettre un cahier noir, le onzième d’une série de onze ; les autres exemplaires ne lui étant pas destinés. La lecture de ce cahier déflagre sa vie, lui renvoi une fois encore son douloureux passé en pleine face, avec la sécheresse d’une gifle cinglante. Ce cahier fut écrit par Ludmilla et mentionne de bien inquiétantes et surprenantes révélations. Pascal se retrouve alors malmené dans un tourbillon obscur, dans lequel seront également mêlées trois jeunes filles d’une vingtaine d’année, Joanna Marcus, Clémence de Claverie et Marie-Ange Bourdelot.
Qu’ont-ils à voir les uns avec les autres ? Pourquoi les évènements s’emballent-ils si soudainement ? De quelle incroyable et stupéfiante vérité, cet affolement semble-t-il vouloir accoucher ? Pascal Langle se voit happé dans un vertigineux vortex qui ne pourra que le mener ou bien dans l’obscurité la plus totale, ou bien dans la lumière la plus salutaire.
Mon avis :
Ils ont le même nom : Pascal Langle et Ludmilla. Mais ils n’incarnent pas les mêmes personnages suivant qu’ils se trouvent dans « Il y a longtemps », ou bien dans « À la folie ».
Tel le fameux François Pignon de Francis Veber, Pascal Marmet s’est créé non pas un, mais deux personnages récurrents de nom. Mais la comparaison entre les personnages s’arrête là, car autant Pignon a une dimension loufoque, avec une propension évidente à susciter le rire, autant P. Langle et Ludmilla sont dans un registre plus dramatique et romantique.
"À la folie" porte bien son nom. Ce texte nous entraine dans les méandres alambiqués de la déraison humaine la plus exacerbée. La folie d’une femme, cristallisée par le personnage de Joyce, tyrannisée par une bipolarité doublée d’une schizophrénie aigüe, qui la tenaillent tous les jours un peu plus, la triturent dans des tortures délirantes et oppressantes, lui usant le peu de raison lui restant entre deux crises, aussi sûrement que la meule amenuise la lame. La folie d’un père prêt à toutes les aberrations pour sa bienaimée fille, qui lui ont fait commettre les pires exactions, sans se soucier du mal qu’il pouvait engendrer.
Mais Pascal, non pas Langle, mais Marmet, nous emmène également avec ce récit à la mécanique de précision, à l’articulation intelligente et inventive, dans ce que la foi en l’amour peut engendrer de mieux, comme conserver l’espoir au creux de la tempête la plus sombre, comme réaliser la puissance bienfaitrice de la synergie d’âmes sœurs refusant à tout prix l’oppression et l’iniquité. Au bout du tunnel, Pascal nous guide vers une lumière toujours possible.
Attention ! Ce roman est une machinerie à l’engrenage des plus efficaces ! Aussitôt aurez-vous commencé sa lecture que vous serez aspirés par les pages, comme le passager d’une puissante auto se voit plaqué contre le siège, lors d’une brutale accélération, et ne se voit dégagé qu’à l’arrêt du véhicule. Ainsi, le lecteur, arrivé au dénouement comme l’on arrive sur une terre inconnue, n’est lâché par le récit qu’à la vue du mot "FIN", lequel dénouement vient achever cette histoire avec maestria, tel le couchant grandiose qui embrase un ciel d’été.
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