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Voyons nos vies comme des œuvres d'art !

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 10:41

 




 

Art et Littérature bannière

 




 

Titre :                                      Nana.

Auteur :                                  Émile ZOLA.

Éditeur :                                 France-Loisirs.

Genre :                                   Roman sociétal

Série :                                     Les Rougon-Macquart. Histoire naturelle et sociale d’une

famille sous le second empire.

Année de cette édition :         1983

Année de parution :               1880, aux éditions Charpentier.

ISBN :                                    2724206428

 


 

L’intrigue :

 

Au théâtre des Variétés, l’on jouait la « Blonde Venus », mettant en scène des acteurs qui se devaient d’être également des chanteurs, vu qu’ils y poussaient la vocalise. La pièce fut médiocre et ennuyeuse et aurait été un flop s’il n’y avait eu parmi ses interprètes, une jeune actrice tenant le rôle de Venus : Nana.

Cette jeune femme ne savait guère jouer la comédie et s’y entendait encore moins en ce qui concernait le fait de chanter. Alors que s’il se fût agi là de toute autre personne, des huées se seraient élevées dans un vacarme furieux, alors que divers objets auraient certainement volé en direction des acteurs, plus particulièrement en direction de Nana, tant quelque talent artistique chez elle, fut inexistant, les premiers sarcasmes tombèrent vite à plat, remplacés par des bouches béantes et benoîtes, des yeux brillants et exorbités, des crânes surchauffés, pour laisser finalement, place à l’expression d’un enthousiasme masculin généralisé.

Nana disposait d’une arme sournoise et implacable, elle était d’une beauté bestiale, ce type de beauté pulpeuse qui, au-delà de son effet proprement visuel, semble diffuser une nuée de phéromones hyperactives, ne laissant que très peu de chance aux mâles à l’entour, de résister au chant des sirènes, que représentent les femmes de l’espèce de Nana, ces femmes qui ont le pouvoir de paralyser le cortex de la gent masculine, libérant ainsi, l’animal mussé en tout homme et qui ne demande qu’à se manifester.

En présence de Nana, tout homme, aussi cultivé et raffiné pouvait-il être, se voyait saisi par une irrésistible envie de luxure.

Bordenave, le régisseur et metteur en scène de ce théâtre qu’il nommait lui-même, « son bordel », eut de plus, la bonne idée quant au succès de la pièce, de faire jouer tout un acte à Nana, dévêtue sous une étamine dont la légèreté et la transparence, en exacerbait la nudité.

Tous les hommes de la salle furent sous le charme viral de cette promesse inconsciente à la volupté, qui se propage parmi eux tel un germe phagocytant.

Dans cette cohorte surchauffée, le conte Muffat, un homme richissime, une illustre personnalité parisienne, chambellan aux Tuileries, dévot au plus haut degré, fut cependant atteint de ce mal étrange et honteux, qui sur lui, fut d’autant plus virulent qu’il vécut jusqu’alors de la façon la plus pieuse, muselant constamment l’animal en lui, qui attendait tapi dans un coin de son être, l’heure de se nourrir de sensualité et de chair.

Dès lors, le conte ne fut obnubilé, à l’instar de beaucoup d’autres hommes, que par Nana. Tous allaient graviter autour d’elle, comme des mouches attirées par quelque miasme des plus malsains. La gangrène commençait son œuvre…

 


 

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Mon avis :

 

Si ce monde est si instable depuis que la civilisation et ces codes moraux se sont installés, instaurés par un besoin de hisser l’âme humaine à des hauteurs prétentieuses, et n’étant certainement que boulet l’aidant à sombrer, cela est certainement dû en grande partie à l’incohérence génétique qui subsiste et persiste entre l’homme et la femme, à cette distorsion réelle entre la nature humaine profonde et l’environnement moral que l’Homme dit moderne, s’impose et s’inflige, comme un châtiment, une damnation masochiste, par un refus obstiné et dangereux de son tempérament si inscrit cependant, en ses gènes.

Cette incohérence, cette distorsion réside dans le fait que l’homme, peu importe sa position sociale, sa religion, son environnement familial, reste nonobstant tout artefact, programmé pour être un chasseur, que la femme est programmée pour l’attirer dans ses rets de tentations, pour que puisse se réaliser l’ultime but de toute vie : la reproduction.

C’est sur cette faille majeure qu’Émile Zola bâtit cet opus de l’histoire des Rougon-Macquart. Nana, cette jeune femme roturière, issue d’une lignée de gueux, corrompue par un besoin inconscient et atavique, de venger la soumission de ses ancêtres ; soumission de la plèbe envers l’aristocratie, soumission de la femme envers l’homme, Nana, cette allégorie de la femme dans la toute puissance de son sexe, qui a conscience de son emprise sur les hommes, les attire, les utilise, les vampirise. Sa chair si pulpeuse et si soyeuse, si convoitée et si choyée, sa fortune grandissante étant l’égale de toute son exubérance, firent de Nana l’icône de la débauche « chic », celle que l’on aime mépriser mais par laquelle il faut passer pour se vanter d’être dans l’air du temps.

Nana gangrénait et dépouillait donc tout homme venant à vouloir la butiner, ne laissant au final que le cahot et un vide poussiéreux des cendres des richesses de ses victimes, ne laissant qu’un vide sidéral, lequel vide pourrait bien régner après toutes vies, si l’Humanité venait à disparaître demain, car qu’aura apporté l’Humanité, en dehors d’un inextricable amas d’histoires individuelles et individualistes. L’Humanité a-t-elle seulement pour objet de réaliser quelque grand dessein ? Son essence n’est-il pas de seulement se laisser vivre et de profiter des simples joies terrestres ? Ce sont là autant de réflexions que suscite la lecture de Nana, le neuvième opus de la série des Rougon-Macquart.


 




 

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