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Voyons nos vies comme des œuvres d'art !

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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 14:15

 




 

Art et Littérature bannière

 




 

 

 

 

Auteur :             Gustave FLAUBERT

Titre:                  Madame BOVARY

Editeur :             Presse de la Renaissance

Année :              1979

ISBN :                285616109-X



 





L'intrigue :



Charles Bovary, minot issu de la ruralité paysanne, parvient par ses études laborieuses, à se hisser au statut de médecin.

Il commence l’exercice de son métier et tâche tant bien que mal, de se faire une clientèle. Parmi cette dernière, demeure un patient, le père Rouault, paysan vivant au lieudit "Les Bertaux", qui souffre de s’être brisé une jambe. Charles se montre compétent et la jambe de monsieur Rouault se remet bien vite. Notre médecin assure alors des visites régulières à son patient. Il est cependant important de préciser, que monsieur Rouault a une ravissante fille, répondant au nom d’Emma…


 

 


 

Mme Bovary

 


 

 


Mon avis :



Don Quichotte chassait follement des égarements déments, aux travers d’éthérés moulins à vent ; Emma elle, poursuit l’illusoire passion, n’existant réellement que dans les méandres de son esprit éternellement insatisfait et mû d’un caractère instable.

Gustave FLAUBERT cristallise, dans le personnage d’Emma BOVARY, tout le cynisme, la vénalité et l’hypocrisie, que peut revêtir parfois, l’acétique personnalité de certaines femmes.

C’est alors une course sournoise et abjecte qui s’amorce. Il faut à Emma, toujours plus pour assouvir ses désirs, nourrir son ego. Il lui faut impérativement donner le change en société, lequel se doit d’être toujours plus reluisant. Il lui faut davantage de strass, être toujours plus clinquante ; aujourd’hui on dirait : toujours plus de "bling-bling."

Elle se noie dans des passions qu’elle est la seule à s’imaginer entrapercevoir, avec des hommes qui ne désirent finalement que la posséder, l’avoir pour maîtresse ; car alors, n’est pas homme accompli, qui ne possède point de maîtresse.

De désillusions en attentes désabusées, d’aveuglements en revers cinglants, Emma consume  ses illusions de bonheur sur le terreau corrompu de sa décadence, la conduisant intérieurement et pernicieusement, à son inéluctable perte.

Emma en arrive à mépriser Charles, qui pourtant, lui voue un amour sans borne, mais ne devinant cependant pas les troubles qui hantent son épouse.

À trop convoiter l’étoile controuvée en un ciel apocryphe, le nez au vent, l’esprit embrumé d’œillères, Emma ne devine pas le gouffre béant et sinistre qui se dessine sur sa route d’égocentrisme. Elle qui ne donne rien, qui n’offre rien et n’apporte rien mais qui désire et quémande tant, qui veut tout et tout de suite, va devoir se débattre avec sa propre vacuité d’âme — laquelle vacuité d’âme, la mènera vers une bien glaciale issue.

Gustave FLAUBERT, à travers ce couple, nous remue les tripes d’émotions pures, émanant néanmoins, de pensées et de faits impurs. Gustave FLAUBERT donne un nom, via ce personnage d’Emma BOVARY, à cette étrange et pathologique recherche désespérée de ce qui ne se peut être atteint et déniché en ce bas monde — ce nom est : "Le bovarysme."


Ce texte fourni, de 412 pages, nous tourbillonne au gré de cataractes émotionnelles, par des descriptions peintes à la virtuose plume poétique et précise de Monsieur FLAUBERT, via de savoureux échanges et dialogues, ainsi que cette extraordinaire puissance du verbe flaubertien, qui permet d’exacerber les silences, les pesantes lourdeurs de la tristesse qui s’insinue dans l’existence de Charles, de la folie s’immisçant dans la psyché lézardée d’Emma.  


Magnifique ! Quelle démonstration ! Tenir ainsi en haleine le lecteur, avec une histoire dont la trame aurait pu rapidement s’effilocher, s’affadir de par son intrinsèque platitude, relève de l’exploit, du maître !

À lire et relire sans aucune modération ! Mesdames, jamais ne suivez l’exemple de cette pauvre Emma !

Madame BOVARY ; un récit qui flirte avec la bassesse humaine et qui cependant, vous élève l’âme…


 

 


 

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commentaires

P


"Madame Bovary", Flaubert a mis 7 ans pour l'écrire. Certains jours, il n'écrivait qu'une phrase, qu'il remaniait sans cesse pour finir par la raturer. Et la rendre illisible !!!


Flaubert souhaitait écrire sur le rien. Seul le style comptait pour lui.Du moins c'est ce qu'il disait...


Mais à travers ce fait divers qu'il met en scène, Flaubert en profite pour régler ses comptes avec le mauvais romantisme. "Madame Bovary" est d'une richesse incroyable et la prouesse de Flaubert
n'est pas que dans son style !


Je partage ton engouement sur ce roman et tu as raison d'encourager celles et ceux qui ne l'ont pas lu à combler cette lacune. Et celles et ceux qui l'ont lu au lycée doivent le redécouvrir sans
attendre !


merci Frédéric pour ton site. essentiel et salutaire !


Amitié,


Porte toi bien,


Profite de l'été,


Adishatz,


PAT


 



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F


Merci beaucoup pour ce commentaire des plus sympathiques et intéressants.


Bonnes vacances Pat !


À très bientôt.



D


Bonjour toi! Bravo pour ton avis, je me suis régalée...La lecture de Mme Bovary est tellement lointaine! Vagues souvenirs du collège où je ne suis pas certaine d'avoir bien capté tout le roman et
son essence. En ce moment je lis "l'impatience du coeur" de Zweig, tout un tourment autour du sentiment de pitié....Bises p'tit frère!



Répondre
F


Gros bisous petite Del. Impatience du cœur... vaste thématique qui peut nourrir quelques pensées philosophiques et existentialistes, des plus fournies.


A très bientôt tite Soeur.