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Voyons nos vies comme des œuvres d'art !

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 18:46

 




 

Art et Littérature bannière

 




 

 

Titre : Le Grand Meaulnes

Auteur : Alain FOURNIER

Éditeur : Édition G.P.

Illustrations : G. de Sainte Croix

Année de publication : 1913 chez Émile-Paul

Année de cette édition : 1955

 


 

 

L’intrigue :

 

Le jeune Seurel, dont les parents sont instituteurs à Sainte Agathe, voit un jour sa solitude rompue par l’arrivée impromptue d’un grand gaillard nommé Augustin Meaulnes. Le jeune homme arrivant de la Ferté-d’Angillon, vient prendre pension chez les Seurel pour l’année scolaire. Très vite, les deux jeunes gens deviennent amis. Meaulnes est d’un caractère quelque peu bourru et à l’emporte-pièce, n’hésitant pas à suivre ce que lui dicte son instinct, sans consulter quiconque, ne demandant aucunement quelque autorisation.

C’est ainsi qu’il quitte dans le secret, l’école de Sainte Agathe, afin d’aller chercher les grands-parents Seurel qui doivent arriver en gare de Vierzon, en fin d’après-midi. Seulement, Meaulnes s’égare en chemin et n’arrive jamais à cette gare. La nuit tombante, il se retrouve dans une curieuse demeure, située quelque part dans un hameau inconnu. Il est donné une fête  étrange dans cette maison aux multiples dépendances, une fête où les enfants semblent mener la danse. C’est durant ces réjouissances qui dureront plusieurs jours, que Meaulnes rencontre un immense bouleversement. Il lui semble bien reconnaître sous les traits d’une jeune femme, l’ineffable et intense sentiment d’amour. Ces heures passées en ces lieux de mystère, vont à jamais formater, stigmatiser sa mémoire, à jamais graver une profonde empreinte, telle une cicatrice, dans son existence.

 


 

Couverture-Le-Grand-Meaulnes.jpg

 


 

 

Mon avis :

 

Alain Fournier nous mène, via ce texte, dans un pays qui abîme tant de destinées depuis que l’Homme est. Ce pays est celui de la sempiternelle soif d’absolu, de l’éternelle insatisfaction.

Meaulnes, comme beaucoup, idéalise dans un romantisme exacerbé jusqu’à l’exagération, une situation vécue, une ambiance rencontrée jadis. En l’occurrence, le jeune homme mythifie un rêve ayant pris les traits d’une jeune beauté dans la fleur de l’âge, pour laquelle il pense tomber en amour. Dès lors, son incessante quête consistera à retrouver cette alchimie discernée en cette mystérieuse agape, dans ces lieux énigmatiques. Meaulnes idéalisera à tel point ce qu’il vécut alors, qu’il s’en aveuglera l’âme. Si bien que le jour où il aura l’heur de retrouver enfin sa bienaimée, arrivera-t-il seulement à y déceler en son tréfonds, cet ineffable, impalpable, incroyable et parfois si volatil sentiment qu’est l’amour ? Parviendra-t-il seulement à retrouver les sensations perçues lors de cette bien insolite fête ? Meaulnes, tel l’orpailleur qui n’est jamais rassasié de ce que la vie peut lui apporter comme bonheur, saura-t-il se contenter de ce que le destin lui présentera ou bien abandonnera-t-il sa belle pépite afin de scruter plus avant, encore et toujours, la rivière tumultueuse de sa jeune existence ? Réalisera-t-il à temps, qu’à trop vouloir s’assurer que ce que l’on possède est bien le bonheur, on finit par le laisser nous glisser tel du sable trop fin, entre les doigts, ou le détruire proprement, inconsciemment, dans une indicible et éperdue fuite ? Ne fera- t-il pas la folie de fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve ?

 

Dans un décor champêtre qui respire bon la saine vie des campagnes d’antan, un décor comme les appréciait particulièrement George Sand, Alain Fournier nous démontre tel un claquement de fouet, que même dans un magnifique écrin, il arrive que le diamant se ternisse, qu’à trop vouloir capter la lumière pour parfaire son éclat, le gemme finisse alors par n’attirer que la nuit.

L’amour est un sentiment pouvant être si violent, qu’il peut emporter dans la tourmente, tel le pan de la falaise se délitant sous la déferlante, les cœurs n’étant pas prêts à réellement le recevoir.



 

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commentaires

M

Un des livres qui a bercé mon enfance! J'ai beaucoup aimé... Plus tard, quand j'ai appris qu'il s'agissait plus ou moins d'un plagiat, cela m'a beaucoup attristé...
Répondre
F


Regardons le verre à moitié plein ; il en résulte que ce texte fut porté à la connaissance du public.


 


Bien à toi Marc.