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Voyons nos vies comme des œuvres d'art !

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 14:39



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Titre :                                      La Mare au Diable

Auteur :                                  George SAND

Genre :                                   Roman champêtre

Éditeur :                                 Booking International Paris

Collection :                             Classiques Français

Année de création :                1846

Année de cette édition :         1993

ISBN :                                    2877141926

 


L’intrigue :

 

Nous sommes dans le Berry, au 19ème siècle. Alors que la campagne se dessine de la succession de champs délimités par des haies vives, de bois étendus et petits boqueteaux, de villages et hameaux plus ou moins éparses, la vie agreste, en dépit des frimas de la froide saison, demeure et poursuit son œuvre, tel le flanc du bœuf continuellement titillé par l’aiguillon, telle la charrue qui, inlassablement, creuse ses sillons.

Dans l’un de ces champs, comme sortis du tableau « Le Laboureur », d’Holbein, une famille besogne. Mais comme le précise l’auteur, la mort, vilain sortilège du tableau, est remplacée, ô combien avantageusement, par un enfant, adorable et beau présage.

Il y a le grand-père, dit "le père Maurice", derrière une paire de bœufs complices, le père, Germain, à la manœuvre d’une double paire de bœufs à dompter, et le fils, le petit Pierre, qui excite les flancs des bestiaux à l’aide d’une tige souple de saule, munie d’un aiguillon. Ce petit monde prépare le sol qui ne s’offre qu’à l’issue de nombreux efforts, dans une désarmante harmonie.

Le père Maurice, doyen de cette métairie, s’entretien avec son gendre, veuf depuis deux années. Il aimerait qu’il songe sérieusement à reprendre femme…

 


Mon avis :

 

Dans la lignée de ses autres romans champêtres, (Le Meunier d’Angibault, La petite Fadette, François le Champi…) George Sand nous prouve une fois encore, qu’une belle histoire, de celles qui se dévorent avec plaisir, que dis-je ! avec délectation ! n’est pas forcément une histoire compliquée, où le lecteur doit se triturer les méninges, chahuté par des rebondissements successifs, venant à affirmer ou infirmer ses théories, et ce, jusqu’au dénouement ultime.

Non, George Sand nous démontre à nouveau, qu’un récit, qu’une intrigue peut être simple, voire "cousu de fil blanc", et conserver cependant tout son intérêt ; une histoire qui se déroule, placide, comme le cours de la rivière, dont certains remous seulement, viennent ici et là, à gué, à en vivifier la surface ; une histoire qui comme la charrue bien menée, sillonne imperturbable, la terre nourricière, charrue qui de temps à autres, tressaute, malmenée par un moellon inopportun, par une racine récalcitrante.

La Mare au diableMême si le lecteur devine tôt en sa progression dans le récit, quel en sera l’issue probable, il lui est impossible de concevoir d’en abandonner la lecture. George Sand a ce don de raconter, de décrire une atmosphère, de dessiner l’espace, de reproduire les parfums, de vous chauffer d’un ardent soleil, de vous tremper d’une pluie battante, le tout avec des mots ; avec Ses Mots.

Quelle plume ! Quel talent ! Vous me direz avec raison : "En cela, rien de nouveau !"

Soit ! répondrais-je, cependant l’émerveillement demeure.

Qu’a donc cette plume sandienne ?

Elle n’est pas alambiquée, elle n’est pas surchargée d’artifices. Elle est authentique ! Comme l’est le terroir. Elle est riche ! Riche du vécu d’une personne ouverte aux autres et curieuse de la vie, de ses beautés et trésors ; riche de la maîtrise d’une langue qu’elle chérit ; riche d’une éducation solide mais ne l’ayant aucunement enfermée dans quelque dogme, dans quelque idée arrêtée ; riche d’une sensibilité exacerbée, d’une propension prononcée pour la poésie, pas seulement celle que l’on peut coucher sur le papier, mais celle de tous les jours, celle qui se trouve sous nos yeux et que seul l’esthète voit, celle qui se trouve partout autour de nous, dans notre quotidien et qui ne s’offre qu’à l’âme ayant le désir profond de la saisir ; riche de l’amour de ses pairs, de ces contemporains, de l’amour de ce qui est vrai et pur.

Et qu’est-ce qui rime le mieux avec "Pur" sinon "Nature" ?

Rien ! Pour sûr !

Voici un échantillon des nombreuses qualités de la plume de George Sand, lesquelles qualités font que lire l’un de ses romans, procure toujours autant de bonheur, comme une bouffée d’air frais et vivifiant. Ses textes réconcilient le lecteur avec l’authentique, avec le simple, avec le vivant !

Je ne serais guère plus surpris que cela, si, arrivé au point final, je sentais au tourné de la dernière page, une odeur chaude et douce de fumée sortie d’un hypothétique âtre, si je trouvais un brun de paille au fond de l’une de mes poches, si j’apercevais un peu de terre lourde, collée aux semelles de mes pantoufles…

À lire sans la moindre modération ! À lire comme l’on prendrait un traitement reconstituant, phytothérapique ! Aucun effet indésirable à craindre ! Peut-être éventuellement s’expose-t-on à une accoutumance, mais de celles dont il ne faut surtout pas chercher à se débarrasser. 




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commentaires

M

Un vieux vieux souvenir de lecture. D'ailleurs trop vieux (car remontant à l'enfance) pour être vraiment un souvenir. J'ai oublié mes impressions de lecture, mais j'aime beaucoup Sand et c'est
avec plaisir que je me replongerais dans le livre. Reste à mettre la main dessus...
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J


Alors bonne recherche et bonne redécouverte...


A bientôt et merci pour cette visite.