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Voyons nos vies comme des œuvres d'art !

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 16:19

 




Art et Littérature bannière




Titre :                                      La Folle Journée ou le Mariage de Figaro

Auteur :                                 Beaumarchais

Genre :                                    Pièce de théâtre. Comédie.

Éditeur :                                 Larousse

Collection :                            Classiques Larousse

Année de parution :             1778

Année de cette édition :       1992

ISBN :                                     2038710311

        

 


 

L’intrigue :

 

Dans le château du comte Almaviva, non loin de Séville, Suzanne et Figaro se trouvent dans leur nouvelle chambre. Elle leur a été concédée par leur seigneur, afin de couronner les bons et loyaux services de ce joli couple, sur le point de se marier le jour même. D’ailleurs, Figaro entreprend de mesurer la pièce, à dessein d’y projeter l’emplacement futur de leur couche de jeunes tourtereaux. Figaro est satisfait de ce présent, il est pour lui la réification de la reconnaissance de son maître. En revanche pour Suzanne, c’est un autre sentiment qui l’anime. Elle ne veut nullement de cette chambre. Figaro lui explique que sa situation auprès de Monseigneur Almaviva, comme de la comtesse, est chose rêvée pour leurs services. Ils sont ainsi à deux pas d’eux. Alors que Suzanne y regarde plutôt le fait que le comte se trouve alors, à deux pas d’elle. Figaro apprend de la bouche de sa promise, au matin de ses noces, que le comte à des vues sur Suzanne…

 


 

Mon avis :

 

Alors que dans le Barbier de Séville, Figaro aidait son ancien maître d’alors, le comte Almaviva, à enlever la belle Rosine des griffes du vieux Bartholo, pour en faire son épouse, nous voici avec le même Figaro, redevenu valet d’Almaviva, devant l’empêcher de réaliser son dessein. Lequel n’est autre que d’user du droit du seigneur, sur ses sujets… féminins.

Le Mariage de FigaroIl ne s’agit plus pour Figaro, d’aider à arracher la belle et jeune promise du noble Almaviva, des vieilles pattes crochues d’un oppresseur acariâtre, mais bien de protéger sa propre promise, devant l’appétit débordant du comte, n’ayant plus de regards pour Rosine qu’il préfère délaisser à présent qu’elle lui est acquise, pour s’égayer à user de vils privilèges auxquels il a pourtant dans la forme, renoncés. De tout temps, une des plaies majeures de la société des hommes dits modernes, même à l’époque des lumières, réside dans ce triste constat : la forme de toutes choses, prévaut bien trop souvent sur son fond.

Beaumarchais nous entraine dans cette journée tourbillonnante, où les rebondissements se succèdent en cascades. Les appétences déplacées des uns, mobilisant la colère des autres ; sentiments francs étant nuancés et délayés par le pardon, la tendresse et une forme d’amusement devant ce qu’il faut avouer, reste le plus souvent de la sottise bien plus que de la méchanceté. Amusement car comme le dit Figaro dans le « Barbier de Séville », il vaut mieux rire des choses, de peur d’avoir à en pleurer. Ce parti pris que d’aucun pourrait bannir en criant au scandale de la lâcheté facile voire permissive, se défend au demeurant, car éloignant efficacement quelque abcès, ulcère et autre pathologie fort peu agréable, il faut en convenir.

Quelles appétences ? Celle de Chérubin, le jeune page, pour la comtesse dont il est follement épris ; celle du comte pour Suzanne mais vous l’aurez déjà compris ; celle de Marceline pour Figaro et là, il y aura de quoi être surpris ; celle de Fanchette pour le page, et ainsi va la vie…

Cette pièce nous narre un huis clos, quoique "clos" soit inexact pour "Le Mariage", étant donné que Beaumarchais a largement invité le monde extérieur, sur scène, (alentours de Séville, le jardin et les giroflées abîmées d’Antonio…) Cette pièce nous narre donc, les pérégrinations d’un microcosme. Seulement d’un microcosme ? Que le tortionnaire, plus ou moins aimable au demeurant, soit de la bourgeoisie ou de la noblesse, il n’est nulle roture qui se doive de vivre sous son joug oppressif. Ce message explosif, se dessine en filigrane dans cette pièce, via le valet importun et effronté, qui se permet de tenir tête à son maître, de le deviner et d’en oser contrecarrer les plans, même, de le confondre… Les barrières microcosmiques sont bel et bien franchies. Révolutionnaire !

Beaumarchais a su intégrer cette dimension dangereuse car étant quelque peu subversive à l’époque, avec intelligence et tact, ce qui n’a pas empêché la critique de se déchaîner et la pièce d’être censurée. Cependant, le pardon final ponctuant "Le Mariage", n’est que finesse adoucissant l’ensemble aux yeux irritables des « privilégiés » d’alors, qui virent d’un œil terne, euphémisme ! un tel toupet de la part de quelque auteur que ce puissent être. Le message qui consiste à prôner l’abolition des privilèges et à générer l’égalité chez les citoyens, ne passait pas vraiment et restait coincé dans la gorge des nababs d’antan. Passe-t-il encore aujourd’hui ? Dans sa forme, certes ! Mais dans son fond… Mais cette petite réflexion n’engage que moi.

Beaumarchais donc, eut le génie de finaliser "Le Mariage" par le grand pardon. Au lieu que les protagonistes ne tombent sur Almaviva et son revers, tel un page léger sur les giroflées et leurs cloches de verre, le souffletant d’une gaillarde volée de bois vert, ils se contentent pour ne point trop déplaire, de mettre le comte face à sa médiocrité, avec beaucoup de manières.

 

Une pièce lumineuse de par son écriture, de par sa conception et sa vision. Laquelle vision, épouse à merveille les évènements lui étant contemporains, faisant d’elle, un étendard, un dais révolutionnaire. L’habileté de jongler avec la labilité sociétale de ce siècle, n’était pas chose non risquée ; beaucoup en on rêvé, d’autres ont feint de s’y essayer ; Beaumarchais lui, l’a fait.

Quand l’agilité de l’esprit s’allie à une telle aisance de l’écrit, le tout venant à s’additionner, à épouser voire à réifier en quelque sorte, tant la symbolique est forte, la conjoncture d’alors, nous pouvons parler sans trop s’aventurer, de génie.

 




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commentaires

D

P'tit coucou
Répondre
J


Coucou Tite Del !


Heureux de ton passage !


Gros bisous et à bientôt !


Frédéric