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Voyons nos vies comme des œuvres d'art !

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 12:42

 




 

Art et Littérature bannière

 




 

 

 

Titre :                                                Germinal

Auteur :                                            Émile ZOLA

Éditeur :                                           France-Loisir

Série :                                                Les Rougon-Macquart

Année de création :                       1885

Année de cette parution :             1980

ISBN :                                              272420719X

 

 

 

 


 

 

 

 

L'intrigue :

 

 

 

Le frère de Jacque Lantier, Étienne Lantier, un ancien machineur, se retrouve sur les routes septentrionales du charbon. Une fin de nuit glacée, il se présente au Voreux. Il quémande après une éventuelle place à prendre. Il essuie quelques refus, puis est finalement embauché in-extremis ; un mineur manquant à l’appel qu’il faut remplacer.

Étienne fait la connaissance de la famille Maheu. Des affinités se créent, des liens amicaux se tissent.

Très vite, Étienne s’intéresse de très près aux exécrables conditions que connaissent les mineurs. Au fil de longues discussions et d’harassantes journées de labeur, il découvre la bien triste et sinistre réalité des mineurs de fond.

C’est alors, que sous l’égide d’Étienne dont l’aura et la popularité s’accroissent de jour en jour, les mineurs élaborent une stratégie, à dessein de ne plus se tuer à la tâche pour au final, ne pouvoir à peine se payer leur ration quotidienne de pain.

Sous le sol de houille, germe alors les graines d’une révolte sourde et latente…

 

 

 


 

Germinal

 

 


 


 

Mon avis :

 


 

Germinal est un long voyage au  noir pays de l’exploitation humaine. Il est une longue descente dans l’enfer tantôt glacé de violents courants d’air, tantôt noyé d’une chaleur de fournaise, du quotidien des mineurs.

Émile Zola raconte et dénonce avec conviction, l’exploitation de l’Homme par l’Homme ; la perpétuelle lutte des classes. Émile Zola raconte la bataille des mineurs, qui de pères en fils, comme par atavisme, depuis plusieurs générations, sont accoutumés à baisser l’échine, n’ayant à peine de quoi se nourrir. Émile Zola dénonce la condition des mineurs qui engraissent de leur sueur et de leur sang, cet ogre tapi dans l’inconnu, ce dieu tout puissant, maître de la compagnie, mussé dedans son olympe d’oisiveté. Émile Zola dénonce ce capitalisme, empire vampire, qui détient la compagnie et profite d'elle ; qui détient ses ouvriers et profite d'eux, réduits qu'ils sont, à l’état de bêtes de somme.

Sans ambage, d’une plume se faisant tantôt glacée de vérité, tantôt douce de sa poésie, Émile Zola nous chahute, nous bouscule, tambour battant ou plus exactement, rivelaines frappant. Émile Zola nous chahute donc, nous bouscule, dans l’horreur du coup de grisou qui se trame. Dessous la terre noire, au sein même de la houille ruisselante de mille sources glaciales, germe la révolte des hommes qui ne veulent plus de ces conditions de vie insupportables. Dessous la terre noire, au sein même de la houille ruisselante de mille sources glaciales, germe la récolte de l’avidité opprimant et générant l’indigence.

 

Germinal est une plongée qui vous laisse de la suie dans la bouche. Il nous jette en pleine face, toute l’incohérence, la duplicité, toute l’antinomie, toute la dualité et l’ambiguïté meurtrière de l’Homme, quelle que soit sa condition et classe sociale, sa nationalité, son tissu familial ou sa religion. Germinal nous démontre le canevas vieux comme le monde, ce canevas insidieux et vicieux qui schématise l’Histoire en boucle depuis la nuit des temps. 

"De la misère, se cristallise la fraternité. De la fraternité, découle la force. De la force, naît le pouvoir. Le pouvoir génère les appétences individuelles. Les appétences individuelles provoquent l’iniquité. L’iniquité divise. La division éclate toute lutte et idéologie. La division crée la misère."

Germinal est un cri de colère, l’expression d’une angoisse devant les éternelles inégalités, devant la stupidité humaine qui joute continuellement avec le courage de quelques-uns.

Germinal est une larme d’espoir qui roule sur la joue noircie du labeur de l’ouvrier surexploité, laissant une trace blanche, comme un sillon vert dans un champ noir, comme un rayon de soleil perçant le menaçant orage, comme une veine de chaleur et de vie, dans un corps froid.

Germinal est le pessimisme de la réalité subit, celle qui avilit et laisse à jamais de vilaines traces.

Germinal est l’optimisme découlant de l’attente de jours meilleurs, où l’iniquité n’aurait plus sa place.

Germinal est le désir de tout remettre à plat, de tout redistribuer, de placer tout homme à une stricte égalité sociale.

Germinal est le froid et triste cauchemar qui côtoie le chaud et réconfortant rêve.

Germinal est sale, Germinal est beau.

Germinal est utopique.

 

 

 




 

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